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 Un Dragon: Jacques DANNEQUIN

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MessageSujet: Un Dragon: Jacques DANNEQUIN   Dim 8 Jan - 8:34

Si vos pérégrinations vous entraînent devant la très belle église d'Urcel (Aisne), vous ne manquerez pas de remarquer, fièrement campée à l'entrée du vieux cimetière, comme semblant monter la garde, une stèle funéraire imposante qui porte l'inscription suivante: «Ici repose le corps de Mr Dannequin, Capitaine des Dragons, Chevalier de la Légion d'Honneur, décédé le 28 févier 1851». Sans doute vous demanderez-vous avec curiosité qui était cet homme, si visiblement attaché à l'armée de l'Empereur comme le prouvent les noms des batailles et le bas relief représentant le chapeau du petit caporal gravés dans la pierre tombale. C'est le parcours de ce soldat, mort il y a plus d'un siècle et demi, que nous allons tenter, modestement, de retracer dans les pages qui suivent.

Premiers pas

Jacques Dannequin est né à Aubigny, petit village situé à flanc de coteau, à l'écart de la route qui va de Laon à Reims. Il est baptisé le jour de sa naissance, le vendredi 3 juillet 1772. Son père, «un marchand de cette paroisse», est absent ce jour-là, sûrement pour ses affaires. De l'enfance et de l'adolescence de Jacques, on ne saura pas davantage. Sans doute ont-elles été semblables à des millions d'autres dans cette période pourtant troublée : il a dix-sept ans quand éclate la Révolution et peut-être bien d'autres préoccupations, comme tous les jeunes gens de son âge.



En route pour l'armée

Pourtant, trois ans plus tard, la Patrie est en danger. Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à la Hongrie et à la Bohème, auxquelles se joignent bientôt la Prusse et l'Autriche. Les forces ennemies remportent victoires sur victoires, malgré le sursaut de Valmy. En mars 1793, c'est toute l'Europe qui est coalisée contre la France. Les levées et les réquisitions de 1791 et 1792 ne permettent pas de fournir les 300000 hommes prévus. Aussi, en février 1793, une nouvelle levée de 300000 hommes est-elle décrétée par la convention; elle se fait lentement, souvent difficilement, et ne donne que la moitié des effectifs. C'est pourquoi le Comité de Salut Public prend, le 23 août 1793, un décret de réquisition des hommes de 18 à 25 ans. Jacques Dannequin vient d'avoir 21 ans. Il est incorporé dès le 23 août dans le 4eme bataillon du département de l'Aisne.
( Le quatre août, les représentants auprès de l'Armée du Nord prennent un arrêté par lequel ils appellent sous les armes tous les hommes de 16 à 50 ans des départements du nord. Cet arrêté parvient à Laon le 15 et, dès le 16, les autorités de l'Aisne prennent toutes les mesures pour cette levée en masse, donc 8 jours avant le décret de la Convention du 23 août. (d'après «La Révolution dans l'Aisne» - 200 documents présentés par Guy Marival).

Essayons de nous faire une petite idée du personnage. Au vu de ses exploits futurs, il doit être résistant, habitué aux efforts physiques ; assez grand pour l'époque : au moins cinq pieds quatre pouces (1m73), taille requise pour entrer dans les dragons, sa future arme ; peut-être porte-t-il déjà la moustache qui rendra célèbres les grognards de l'Empire. Quant à son état d'esprit, on ne peut que l'imaginer : sans doute n'est-il pas un révolutionnaire fanatique, sinon il serait parti avec les premiers volontaires. Mais il a certainement conscience que l'ennemi approche; s'il part, c'est autant pour défendre sa famille, son village que pour sauver cette République dont il n'a peut-être qu'une vague idée. Il fait son devoir : c'est un soldat de l'an II.

A pied et à cheval

L'armée du Nord où Jacques Dannequin fait ses premières armes est commandée par Jourdan. Elle remporte une victoire éclatante contre les Autrichiens à Wattignies, mais est repoussée avant d'entrer en Belgique. Jourdan est remplacé par Pichegru qui reprend l'offensive en Belgique puis conquiert la Hollande qui devient la République Batave le 16 mai 1795.
Entre temps, notre héros a eu le temps de s'habituer à la vie militaire. Le 13 ventose an II - 3 mars 1794 - (2) il est incorporé dans le septième régiment de dragons (3). La particularité des dragons est de pouvoir combattre à la fois à pied et à cheval. Jacques fut-il tout de suite cavalier ? Rien n'est moins sûr, étant donné le manque criant de chevaux dans les armées de la Révolution puis de l'Empire. En tout cas, il va voir du pays, puisqu'il suit Bonaparte dans la Campagne d'Italie dès 1796.

En Italie

Jacques prend part au siège de la citadelle de Mantoue dans les divisions d'Augereau et Sérurier ; comme la ville est très grande, «on supposait pouvoir opérer une surprise» (Marmont). C'est l'affaire de quelques semaines tout au plus. En fait, il se passera huit mois avant que les défenseurs de la citadelle ne rendent les armes, vaincus par la famine et les maladies plus que par les soldats français ! Le 2 février 1797, Mantoue capitule dans l'honneur : la garnison autrichienne est autorisée à repartir dans son pays et les Français la remplacent. Le septième dragons restera sans doute en garnison à Mantoue; en effet, Bonaparte laisse les places fortes conquises sous bonne garde tandis qu'il part en Egypte à la poursuite de ses rêves de conquérant de l'Orient!

«Rendu»

La seconde coalition qui regroupe la Russie, l'Autriche, l'Angleterre, la Turquie et Naples passe à l'attaque sur tous les fronts. En Italie, les forces françaises sont bousculées et se replient, abandonnant de nombreuses garnisons à leur sort. Les coalisés, commandés par Souvarov, font le siège de toutes les forteresses occupées par les Français : Pieschiera, Mantoue, Milan, Turin, Tortone. Après un blocus de soixante-douze jours et un siège de vingt jours, la garnison française, forte de 4000 hommes, capitule le 30 juillet 1799 devant les troupes autrichiennes commandées par le général Kray. Jacques Dannequin fait partie des «rendus». Mantoue conquise et perdue, notre soldat de 27 ans fait l'expérience des cruels aléas de la guerre !

Bonaparte poursuivit de sa haine le commandant de la garnison, Foissac-Latour, responsable malheureux de la capitulation. Dans une lettre de juillet 1800, il défend expressément qu'il porte l'uniforme. Bonaparte précise : «qu'il a cessé d'être au service de la République le jour où il a lâchement rendu la place de Mantoue (…) Sa conduite à Mantoue est plus encore du ressort de l'opinion que des tribunaux. D'ailleurs l'intention du Gouvernement est de ne plus entendre parler de ce siège honteux, qui sera longtemps une tâche pour nos armes.»

Promotion

Heureusement pour notre «rendu», ce qui vaut pour le chef ne vaut pas forcément pour le soldat ! Il ne semble pas que Bonaparte, devenu Premier Consul, ait tenu rigueur à la troupe de la capitulation de Mantoue. Il revient prendre en personne la direction des opérations en Italie et bat les Autrichiens à Marengo, le 14 juin 1800. Jacques Dannequin a peut-être participé à la bataille ; en tout cas, il a pris du galon : depuis le 23 mars, il est brigadier.
Toute une série d'armistices et de traités mettent fin à la lutte en 1801 et 1802. Enfin, la Paix d'Amiens est signée le 23 mars 1802.

La paix

Depuis 9 ans bientôt, Jacques se bat, en France et en Italie. Il a connu victoires et défaites; il a vu beaucoup de ses compagnons mourir ou regagner leur foyer blessés ou infirmes. C'est maintenant un ancien ; il s'est fait à l'armée ; il passe maréchal des logis le 24 juin 1802. Même la paix revenue, il ne songe pas au retour. Sans doute reste-t-il dans diverses garnisons en Italie. Ses états de services précisent qu'il est en campagne jusqu'à l'an XII (1804) ; on ignore ce qu'il fait en 1805, mais on le retrouve en 1806 dans l'armée du Roi de Naples.


Au service du Roi de Naples


Bonaparte est devenu Napoléon. Une nouvelle coalition tente de l'abattre. Tandis qu'il fait campagne en Allemagne, il ordonne à son frère Joseph de conquérir le Royaume de Naples. Jacques Dannequin fait partie de l'armée de 40000 hommes, commandée par Masséna, qui envahit le pays et prend Capoue.

Joseph entre dans Naples le 14 février avec le titre de Roi de Naples.

Notre héros prend part ensuite à la lutte contre les anglais qui occupent la Calabre. En 1808, Joseph est convoqué par Napoléon pour devenir Roi d'Espagne. Il est remplacé sur le trône de Naples par Murat. Jacques Dannequin quitte enfin l'Italie avec son régiment pour remonter vers le nord.

En Allemagne, avec la Grande Armée

Le septième régiment de dragons fait partie de la division commandée par Grouchy et qui appartient au troisième corps d'armée sous les ordres de Davout. Jacques passe adjudant sous officier le 11 juin 1809, quelques jours avant la grande bataille de Wagram (5 et 6 juillet), où son régiment est engagé. Dans ce gigantesque combat (188000 hommes du côté français contre 136000 du côté autrichien), la cavalerie tient un rôle de premier plan. C'est là que notre tout nouvel adjudant reçoit la première blessure qui figure sur ses états de services : un coup de sabre, marque tangible de sa bravoure. C'est à la suite de cette bataille qu'il recevra la croix de la Légion d'Honneur.

Légionnaire

D.Jacques Dannequin est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur (4) le 20 juillet 1809. Comme tout nouveau légionnaire, il reçoit une lettre de félicitations signée du Grand Chancelier Lacepède, qui lui demande de prêter le serment prescrit par la loi. Celui-ci n'a pas changé depuis 1804, date à laquelle il était prononcé, souvent, au front des troupes, devant l'Empereur lui-même. Il mêle habilement les notions d'Empereur et d'Empire à celles de République et de Constitution; il appelle les légionnaires à défendre la liberté et l'égalité et à combattre toute tentative de rétablissement du régime féodal.
(Bonaparte crée la Légion d'Honneur le 4 mai 1802. Il l'organise comme l'Ordre de Chevalerie de la Révolution dont Lacepède (grand naturaliste et écrivain) devient le premier Grand Chancelier le 14 août 1803.)


La longue marche

Un an plus tard, le 30 août 1810, Jacques est promu sous-lieutenant. Son régiment fait partie de la Grande Armée de 1812 qui part pour la Pologne et la Russie (5). Il est parmi ces 500000 hommes «de presque toutes les nations de l'Europe.

Tous les plus beaux hommes en grande tenue, tous les plus beaux chevaux de l'Europe étaient là, réunis sous nos yeux» (6). Cinq mois plus tard, ils ne seront plus que 24000 en état de combattre ! Entre temps, il y aura eu la Moskova, la prise de Moscou et l'incendie, le début de la retraite et de l'hiver, et il restera la Bérézina !

L'armée franchit le Niémen le 24 juin et marche vers Moscou, sans véritable opposition de la part des Russes. Kutusov décide enfin le 7 septembre de livrer bataille à Borodino (village proche de Moscou) qui deviendra pour les Français la bataille de la Moskova (du nom du fleuve qui traverse Moscou).

Jacques Dannequin est lieutenant depuis un mois. Le tournant de la bataille est la prise de la Grande Redoute par la cavalerie entraînée par Murat en personne. Jacques a son cheval tué sous lui par un boulet qui le blesse à la jambe par la même occasion. C'est la bataille la plus meurtrière de l'Empire : 30000 tués ou blessés chez les Français, 38500 chez les Russes.

Le 15 septembre, Napoléon entre dans Moscou. Le jour même, l'incendie de la ville commence. Il s'éteindra le 21 septembre, ne laissant pratiquement que des ruines. Seuls la Garde et le corps d'armée de Davout sont restés dans la ville avec l'Empereur, le reste de l'Armée campe à l'extérieur, en butte à la guerre de harcèlement menée par Kutusov. Là, Jacques Dannequin reçoit une autre blessure : un coup de lance dans les reins «étant au service chez le Roi de Naples» (Murat). C'est le 18 octobre, jour où l'ordre de départ d'une retraite qui ne veut pas encore dire son nom est donné. La plus grande tragédie de l'Empire commence. Qu'on imagine la somme de courage physique et moral nécessaire à notre lieutenant pour affronter le froid, la faim, la fatigue, le passage de la Bérézina, et tout cela vraisemblablement sans cheval et avec deux blessures reçues peu de temps auparavant ! On devine l'état dans lequel il arrive en France, dans le courant du mois de décembre, parmi les 90000 rescapés de ce qui fut la Grande Armée.
(Le septième régiment de dragons appartient au corps du général Grouchy qui fait partie de la cavalerie de réserve, directement sous les ordres de Murat.)

Nouveau départ

Excitée par ce début de curée, la Prusse rejoint la coalition en 1813. Les restes de la Grande Armée sont réorganisés tant bien que mal. Jacques Dannequin, qui doit être une force de la nature pour récupérer aussi vite, part pour une nouvelle campagne, en Allemagne cette fois, au printemps 1813. Cette campagne n'est qu'une longue suite de revers militaires mais marque le sommet de la carrière de notre héros. En effet, le 12 août 1813, il est nommé capitaine dans la compagnie d'élite de son régiment, en remplacement du capitaine Ligniville proposé à une place de chef d'escadron. Au bout de 20 ans de carrière, on mesure le chemin parcouru par le jeune soldat de l'an II, mais au prix de combien de souffrances !

La campagne de 1813 s'achève sur la désastreuse défaite de la «bataille des Nations» à Leipzig (16-19 octobre) suivie par une effroyable retraite. L'Empereur repasse le Rhin à Mayence. L'ère des conquêtes de termine, la campagne de France commence.

Retour au pays

Face aux 300000 combattants et aux 300000 hommes de réserve dont disposent les Alliés, Napoléon ne peut aligner plus de 70000 hommes. Le 17 décembre 1813, Jacques Dannequin est toujours là, mais il a changé de régiment. En effet, le 9 décembre, l'Empereur crée par décret un 2eme régiment d'éclaireurs lanciers dans sa Garde impériale. Jacques, sous les ordres d'un tout nouveau général de division, de deux ans plus jeune que lui, Colbert-Chabanais, fait maintenant partie de la Vieille Garde commandée par Mortier, duc de Trévise (7). La Campagne de France débute par quelques succès, qui ne sont souvent que des demi victoires. L'obsession de Napoléon est de vaincre Blücher, son vieil ennemi, le vainqueur de Leipzig, qu'il estime avec raison être l'homme providentiel de la coalition. Il lance trois offensives contre lui, la troisième étant la plus dangereuse pour le vieux maréchal prussien. Le 7 mars 1814, Blücher a disposé ses troupes sur le plateau de Craonne et tente un mouvement tournant avec les 11000 cavaliers de Winzingerode. Mais Napoléon attaque aussitôt, de front, avec 35000 hommes, pendant que Ney entame lui aussi un mouvement tournant vers le nord.

Jacques Dannequin connaît bien la région : il est à quelques kilomètres de son village natal. Après tant d'années passées sur les routes et les champs de bataille d'Europe, le voilà de retour à son point de départ, et son pays est à nouveau menacé par l'ennemi ! On devine avec quelle détermination notre capitaine se lance à l'attaque au milieu de ses hommes, tandis que Napoléon observe la manœuvre grâce à sa célèbre lorgnette.

Une fois encore, Jacques échappe de peu à la mort : son cheval est tué d'un boulet, comme à la Moskova, et sans doute est-il blessé. La victoire, toute relative, de Craonne est incomplète, puisque les Alliés se replient en bon ordre sur Laon où l'Empereur subira un cuisant échec quelques jours plus tard. On connaît la suite, inéluctable, jusqu'à l'abdication de Napoléon le 6 avril et l'entrée de Louis XVIII dans Paris le 3 mai.
(A Sainte-Hélène, Napoléon eut ce jugement sans appel à propos de Mortier : «Le Duc de Trévise est un brave homme, mais sa femme le mène» !)

Fin de partie

Jacques Dannequin échappe à la première fournée des mises en demi solde le 12 mai 1814. Il est même incorporé dans le deuxième régiment de Hussards le 16 juillet, car le deuxième régiment d'éclaireurs est dissous, mais moins de deux mois plus tard, le 11 septembre, il est renvoyé dans ses foyers. Le nouveau souverain veut faire des économies et sans doute se débarrasser des fidèles de l'Empereur, potentiellement dangereux. D'ailleurs, une ordonnance du Ministère de la guerre du 17 décembre consigne les demi-solde à résidence dans leur lieu de naissance. Voilà Jacques de retour dans son village d'Aubigny. Peut-être s'y sent-il un peu à l'étroit, comme Napoléon sur l'île d'Elbe ?

Pendant les Cent Jours, il est rappelé une première fois le 18 mars 1815, puis une deuxième fois le 14 avril (par Buonaparte, précise l'état des services de 1815) car Napoléon tente de reconstituer son armée. Les dernières mentions indiquent qu'il s'est rendu au dépôt du Huitième Dragons le 10 mai, puis qu'il est rentré dans ses foyers le 11 octobre. Or chaque régiment de cavalerie comprend un escadron de dépôt qui sert à recruter les escadrons de guerre et à former de nouveaux cavaliers. Il est donc vraisemblable que Jacques Dannequin a servi d'instructeur et n'a pas participé aux derniers combats de l'Empire agonisant. D'ailleurs, il a tenu à préciser sur ses états de services de 1817 que le dernier corps où il a servi est celui des «éclaireurs de l'ex Garde.
(Le dossier de demande de retraite de 1819 porte la mention «employé pendant l'usurpation».)

Retraite

En 1815, Jacques Dannequin a 43 ans. Il lui reste trente-six ans à vivre. Sa «parenthèse» militaire aura duré vingt-deux ans, mais quelles années ! Nul doute que la vie à Aubigny doit lui paraître un peu fade, d'autant plus qu'il peut légitimement s'estimer lésé de ne bénéficier que d'une demi solde après tous les dangers traversés et les services rendus à la Nation.

Suprême amertume, pour conserver cette Légion d'Honneur dont il est si fier, il lui faudra prêter serment au Roi (9), ce qu'il fait le 12 octobre 1816 et qu'on ne saurait lui reprocher quand on sait la rapidité avec laquelle la maréchaux eux-mêmes ont fait allégeance au nouveau Pouvoir !
Le montant de la retraite provisoire de Jacques Dannequin est de 600 francs. En 1819, il fait une demande de retraite définitive qui lui est accordée par ordonnance royale le 17 septembre. Sa pension est maintenant de 1200 francs, avec la précision suivante : «Le pensionnaire désire en jouir à Aubigny dans le département de l'Aisne», ce qu'il fait, du moins au début. Quel est l'évènement qui a provoqué son départ pour Urcel ? Peut-être son mariage avec Marie Louise Clotilde Josèphe Prissette, dont il est veuf à sa mort.
Celle-ci survient à l'âge de 79 ans, dans sa demeure d'Urcel, le 26 février 1851, à dix heures du matin, selon le témoignage de deux de ses amis, Désiré Delahaye et Antoine Defrance. Sa pierre tombale marque l'ultime attachement de Jacques Dannequin à Napoléon.

La nouvelle formule comporte une curieuse clause encourageant la délation : «Je jure (…) de révéler à l'instant tout ce qui pourrait venir à ma connaissance et qui serait contraire au service de Sa Majesté et au bien de l'Etat.» Peut-être Louis XVIII pensait-il ainsi s'attacher par le lien de la parole donnée les anciens légionnaires.

Sur la pierre tombale est gravé «Chevalier de la Légion d'Honneur» alors que l'acte de décès porte la mention «Officier de la Légion d'Honneur».

Ultime ironie, Jacques Dannequin meurt neuf mois avant le coup d'état du 2 décembre 1851 ! Six ans plus tard, le 12 août 1857, Napoléon III crée par décret la médaille de Sainte-Hélène, destinée à honorer les anciens combattants survivants de la Révolution et de l'Empire. Cette médaille porte à l'avers l'effigie de Napoléon Ier et au revers la légende : «Campagne de 1792 à 1815 A ses compagnons de gloire Sa dernière pensée Sainte-Hélène 5 mai 1821». On peut la suspendre par un ruban vert bordé d'un liseré rouge. Le vert symbolise l'espérance et le rouge l'ardeur, la vaillance, le courage. Trois qualités qui conviennent fort bien à Jacques Dannequin, soldat de l'an II et capitaine de dragons de l'Empire.


Statue de Napoléon - Plateau de Craonne

Source: http://napoleon1er.perso.neuf.fr/index-france.html
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DAVOUT
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MessageSujet: Re: Un Dragon: Jacques DANNEQUIN   Dim 8 Jan - 10:54

Bravo !!!! bravo bravo
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De Curial
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MessageSujet: Re: Un Dragon: Jacques DANNEQUIN   Lun 9 Jan - 17:58

Excellente idée de sortir de l’ombre nos prestigieux aïeux, éclaires nous encore avec d’autres bonnes trouvailles… applaudissements applaudissements
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De Lasalle
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MessageSujet: re   Lun 9 Jan - 19:07

super!!!!

Il me viens juste une petite question: combien ferait pareil de nos jours???? choqué
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MessageSujet: Re: Un Dragon: Jacques DANNEQUIN   Aujourd'hui à 6:59

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