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 LES GRENADIERS

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AuteurMessage
De Murat
Officier de combat
Officier de combat



Carnet militaire.
Affecté Affecté : Etat-major

MessageSujet: LES GRENADIERS   Lun 12 Juil - 20:06



La Garde Impériale fut créée par Napoléon Bonaparte le 28 floréal an XII (18 mai 1804) à partir de l'ancienne Garde consulaire. Mais alors que cette dernière n'était qu'une simple unité assurant la protection du gouvernement à l’intérieur, la Garde impériale devint un corps d’armée d'élite, d’un effectif double et entièrement dévoué à la personne de Napoléon. Ses effectifs ne cessèrent d'ailleurs de croître, elle fut finalement divisée en Jeune Garde et Vieille Garde, les deux possédant leurs unités de cavalerie, d'artillerie et d'infanterie...dont les célèbres grenadiers.

Des Origines à l'Empire

Notre histoire commence au début du 13ème siècle, sous le règne de Philippe-Auguste, avec un petit corps appelé "Sergents de masse" ou "Sergents d'armes", destiné à la garde personnelle du souverain. Ce détachement fût à l'origine de nombreuses unités de la garde du Royaume Français, et parmis eux de la Compagnie des gardes de la prévôté de l'hôtel (ou, en d'autres termes, de la police de la cour), qui exista jusqu'à la révolution ; en effet, de nombreuses réformes entreprises entre 1775 et 1786 dissolvèrent la majorité des célèbres unités de la garde Royale (Mousquetaires, chevau-légers, grenadiers à cheval, Gardes de la porte, etc...), mais la compagnie de la police de la cour survécut à toutes ces dissolutions.

Le destin de cette "Compagnie de la police de la Cour" prit donc un tournant inattendu à l'époque de la révolution . Alors que le nouveau gouvernement achevait la destruction de la Garde Royale, cette compagnie de la prévôté de l'hôtel y échappa et prit le nom de "Garde de l'Assemblée Nationale" avant de devenir en le 22 juin 1795 "Garde de la convention" avec une augmentation impressionnante de ses effectifs.

Enfin, le 28 Ocobre 1795, la "Garde de la convention" reçut le nom de "Garde du Corps Législatif", avec un effectif porté à 1200 hommes. En dépit de toutes ses appellations différentes et des changements d'effectif, l'objectif des anciennes gardes Royales demeurait le même : protéger les administrations publiques

Garde de l'assemblée Nationale
1791 - 1795

Tout comme le Roi avait sa "Maison Militaire", il devient très vite évident sous la Révolution d'assurer le pouvoir contre les pressions extérieures et autres tentatives de coup d'Etat.

Une Garde qui lui soit attachée se montre indispensable ; C'est pourquoi, dès 1791, est créée la Garde de l'Assemblée Nationale.

Ces soldats portaient l'uniforme des ex-Gardes de la prévôté de l'hôtel


Garde de la convention
1795 - 1799

La représentation nationale s’appelait "la Convention" jusqu’en septembre 1795, date à laquelle celle-ci fut dissoute et remplacée par le "Corps législatif", composé du Conseil des Anciens et du Conseil des Cinq cents.

Appelé communément "Garde de la Convention" jusqu’à la dissolution de celle-ci, il est normal que le corps prît la désignation de "Garde du Corps législatif" lorsque celui-ci entra en fonction.

Simultanément à la Garde du Corps Légilatif (ex-garde de la convention), une autre unité fut organisée le 1er novembre 1795 : La Garde du Directoire. Elle était composée de deux compagnies à pied et de deux compagnies de grenadiers à cheval, soit 224 hommes.

Deux jours après le coup d'Etat du 18 Brumaire (9 novembre 1799), pendant la revue de la Garde du Directoire et de celle du Corps Législatif, le général Bonaparte annonça que dorénavant, elles allaient former une seule unité : La Garde des Consuls.

Cette annonce fut officiellement confirmée par le décret du 28 novembre 1799, et en 1802, après de nombreux bouleversements politiques, elle prit le nom de Garde Consulaire.



Bonaparte et la Garde consulaire

Le printemps 1804 fut pour la Garde, de même que pour toute la France, une étape marquante. L'ordre du 10 mai 1804 faisait savoir aux soldats : " La Garde est prévenue que le Sénat a proclamé aujourd'hui Napoléon Bonaparte Empereur des Français [...] La Garde prend le titre de Garde Impériale... "

Pour être admis dans la Garde Impériale

La Garde de l'époque du Directoire était loin de satisfaire à certaines exigences. Selon le général Mathieu Dumas, " Cette Garde était, en grande partie, composée d'anciens Garde-Français qui avaient formé le corps des Grenadiers de la Convention [...] De très mauvais sujets avaient été progressivement recrutés [...] ". Ce à quoi Napoléon s'empressa de tenir compte : " Si un corps privilégié ne se comporte pas avec sagesse et mesure, il faut le dissoudre. Je veux avoir des soldats aguerris dans ma Garde, mais je ne veux pas avoir de soldats indisciplinés ; quel que fut leur uniforme, ces hommes ne seraient à mes yeux que des janissaires ou des prétoriens ", d'où ce haut sens de la discipline , cette obéissance absolue et ces qualités morales élevées que l'on exigeait des candidats au recrutement.


L'appartenance à ce Corps constituait une récompense, et pour y être admis il fallait en 1801 :

- Avoir fait au moins 3 campagnes ( 4, à partir de 1802 ) ;
- Avoir obtenu des récompenses accordées aux braves ou avoir reçu des blessures au combat ;
- Etre en activité de service
- Avoir une taille de 1m80 pour être admis dans les Grenadiers (1m70 dans les Chasseurs)
- Avoir toujours fait preuve de conduite irréprochable.

Le décret Impérial du 29 juillet 1804 confirma de manière générale ces conditions mais atténua celles du physique des candidats. Désormais, pour entrer chez les Grenadiers, il fallait mesurer au moins 1m76 ( 1m67 chez les chasseurs). De même pour le nombre de campagnes : dorénavant il ne devait pas être inférieur à 2.


Qui étaient ces hommes

Les registres conservés dans les archives du château de Vincennes permettent de répondre à cette question d'une manière assez convaincante.

L'âge moyen du soldat engagé était de 31 ans et demi, celui de la retraite était assez variable, en moyenne 36-37 ans. De cette manière, dans la plupart des cas, les soldats et les sous-officiers étaient des hommes dans la force de l'âge, ce qui modifie un peu le tableau cliché du vieux grenadier aux cheveux blancs. Et quoique ce Régiment fût connu comme la vieille Garde, le mot "vieille" signifiera les années de service et non pas l'âge du soldat. Seuls quelques rares sous-officiers pourront correspondre à cette image. D'ailleurs, le portrait du Grenadier que nous a décrit Hippolyte de Mauduit est particulièrement vif et précis ; en voici quelques extraits. "Longtemps éprouvé par les marches, les fatigues, les privations, les bivouacs, par le soleil comme par les frimas, le grenadier de la Garde était sec et maigre ; l'obésité était inconnue dans nos rangs. [...] La figure du grenadier était martiale et son attitide imposante ; son teint, peu ou point coloré, mais halé ; ses joues, creuses ; son nez, proéminent et généralement aquilin ; son front demi-chauve par l'effet de sa plaque de grenadier ou rasé à l'ordonnance ; son oeil vif et fier ; une épaisse et belle moustache brunie par le soleil, et parfois grisonnante ombrageait cette mâle figure...Une queue, artistement tressée et poudrée chaque matin complétait l'ensemble de cette tête modèle. Un cachet particulier de la coquetterie du grenadier de la Garde était la boucle d'oreille ; c'était sa première dépense en arrivant au corps ; elle était de rigueur."

Pas plus de 7% des hommes n'avaient quitté le Régiment à l'âge de 40 ans ou plus, et seulement 1% était retraité à l'âge de 50 ans ou plus. Quoique les soldats de la Garde fussent loin de la vieillesse, leur service, lui, était vraiment "vieux". Le service moyen était de presque 13 ans, ce qui signifie qu'en moyenne le Grenadier du 1er Régiment avait derrière lui 15-16 ans de service. Chaque soldat recruté dans ce Régiment avait en moyenne fait 10 campagnes, 55% avaient passé en service actif de 11 à 15 ans ! Si à cela on ajoute les 3,5 campagnes que les soldats firent dans les rangs de la Garde, on peut dire que chacun d'entre eux, à sa retraite, comptait environ 14 campagnes à son actif.



Il est à souligner que souvent les hommes n'étaient déjà plus de simples soldats avant d'être enrôlés dans les unités de la Garde ; Quelques 215 grenadiers du premier Régiment dont le parcours est parvenu jusqu'à nous étaient, avant d'entrer dans la Garde :
Soldats (74)
Caporaux, brigadiers ou fourriers (63)
Sergents ou maréchaux des logis (43)
Sergents majors (6)
Gendarmes (12)
16 dont les registres ne donnent aucune indication
1 sans service préalable

Comme on le voit, plus de 60% des effectifs du Régiment avaient déjà le grade de caporal et même plus, et 4,2% des engagés était soit décorés de la légion d'honneur, soit avaient mérité les armes d'honneur.



Le destin de ces hommes

Le destin des soldats de la Garde fut différent de celui des soldats de l'infanterie de ligne. Nos 215 Grenadiers finirent leur service de la manière suivante :
- 52 furent retraités
- 11 ont obtenu le statut de vétérans
- 17 furent Tués au combat ou morts des suites de leurs blessures
- 12 sont morts à la suite de maladies
- 9 furent rayés pour longue absence
- 34 ont été promus sous-officiers de la jeune Garde
- 7 furent promus officiers d'unités de ligne
- 2 ont été promus sous-officiers dans d'autres Régiments de la vieille Garde
- 2 furent déserteurs
- 2 furent renvoyés pour mauvaise conduite
- 1 termina suicidé
- 14 continuèrent de servir après 1814
- 45 disparurent pendant la retraite de Russie



Ce qui saute aux yeux, c'est le nombre insignifiant de déserteurs. Dans la vieille Garde, la désertion n'existait pratiquement pas ; il s'agissait de fait isolé lié à un drâme personnel ou un conflit de service. Quand on la compare avec celle de l'infanterie de ligne, la faible mortalité à la suite de maladie attire également l'attention. Dans une grande mesure, cela s'explique par la trempe des soldats recrutés dans la Garde, par la sélection naturelle, mais aussi par les conditions de vie en campagne et des soins médicaux meilleurs que dans les autres unités de l'armée. Concernant la promotion, il est évident qu'elle était plus fréquente dans la Garde et se faisait plus rapidement que dans les Régiments de ligne. Environ 20% des soldats de la Garde furent promus officiers ou sous-officiers de la Garde, et plus de 3% obtinrent le grade d'officier dans la ligne. Cependant il ne faut pas oublier que plus de la moitié des hommes recrutés dans la Garde avaient déjà le grade de caporal ou de sous-officier.

Encore une particularité : le nombre de retraités et de ceux qui ont obtenu la vétérance est à peu près deux fois supérieur à celui des unités de ligne.

Les privilèges

Le "portrait" du grenadier à pied de Mauduit atteste que les soldats de la Garde ne manquaient pas d'argent. En effet, la solde y était beaucoup plus élevée que dans les Régiments de ligne.

Solde dans les unités d'infanterie (en francs / par jour)

Infanterie de ligne Infanterie de la Garde
Sergent-major
Sergent
Caporal
Tambour
Grenadier 0.85
0.62
0.45
0.40
0.30 2.67
2.22
1.67
1.39
1.17

Outre la solde plus élevée, les généreuses récompenses et les décorations, la Garde avait des conditions d'existence privilégiées par rapport aux Régiments de la ligne : Elle fut la seule à rentrer à Paris après la campagne de 1805, tous les autres corps étaient restés en Allemagne. Quoique le cantonnement en Bavière ou Bade ne fût pas parmis les obligations les plus pénibles, la rentrée dans la capitale de l'Empire était bien plus agréable. Les casernes de la Garde à Paris étaient meilleures que celles des Régiments de ligne : locaux plus spacieux, propres et bien aérés...et la comparaison devient particulièrement dérisoire lorsqu'il s'agit des uniformes.

De tout temps, la Garde avait non seulement de belles tenues, mais aussi des tenues de bonne qualité. Dans les Régiments de ligne, les délais règlementaires de la durée des effets militaires étaient généralement respectés : par exemple, l'habit devait être porté deux ans, indépendamment de son état, même après une pénible campagne, et les pauvres fusiliers n'en recevaient pas d'autres tant que la règlementation ne le permettait pas. Dans la Garde, c'était différent : dès que l'uniforme était usé, on en commandait immédiatement un autre. Les dépenses étaient telles que les finances de l'Empire n'arrivaient pas à suivre les exigences des unités de la Garde, de plus en plus nombreuses. Les fournisseurs, sûrs de la solidité du Régime, livraient leur marchandise sur promesses de paiement, de sorte qu'en 1818, quand l'Empire avait déjà cessé d'exister, le ministère des finances Royales continuait de payer les anciennes dettes ; il restait à verser pour les uniformes de la Garde Impériale disparue 1.477.479 francs et 83 centimes ! La supériorité des grades était encore un des privilèges les plus importants de la Garde. Le 20 septembre 1805, l'Empereur signa un décret qui stipulait que les soldats et les sous-officiers de la Garde avaient l'avantage de deux grades par rapport aux autres corps. Ainsi, le Grenadier de la Garde était égal au sergent des troupes de ligne, le caporal au sergent-major, le sergent à l'adjudant sous-officier, le sergent-major au sous-lieutenant...etc. Si la Garde agissait en coopération avec les troupes de ligne, l'ordre de subordination était le suivant : Le grenadier de la Garde avait le droit de commander tous les militaires dont les grades étaient inférieurs au grade qui lui correspondait, et devait se mettre sous les ordres de ceux qui avaient formellement le grade qui leur correspondait. En d'autres termes, un soldat de la Garde pouvait donner l'ordre à n'importe quel soldat ou caporal des Régiments de ligne, mais devait obéir à tous les sergents ; un caporal des Grenadiers de la Garde était supérieur aux sergents des Régiments de ligne, mais obéissait aux sergents-majors, ...etc. Les officiers, eux, avaient une supériorité d'un grade.

A part ces privilèges matériels et hiérarchiques, la Garde en possédait d'autres, moins pragmatiques peut-être, mais très flatteurs et qui provoquaient l'envie générale des autres unités.

Le décret impérial du 13 juillet 1804, par exemple, lui attribuait les privilèges suivants :


- Partout où les troupes de la Garde Impériale se trouvent réunies avec celles de la ligne, elles ont la droite et le poste d'honneur leur est déféré.

- Les officiers et sous-officiers de la Garde Impériale ont, à grade égal, le commandement sur les officiers et sous-officiers des corps de la ligne, lorsqu'ils se trouvent réunis dans un poste pour le même service.

- Lorsqu'un détachement de la Garde rencontre en route un corps ou un détachement des troupes de la ligne, e dernier se met en bataille et porte les armes ; les Drapeaux et étendards saluent ; les tambours battent "aux champs" et les trompettes sonnent "la marche" jusqu'à ce que les troupes de la Garde Impériale soient passées. Les colonels ou commandants de détachements se saluent réciproquement.
Dans ce cas, le corps de la Garde Impériale rend les mêmes honneurs qu'il reçoit du corps de troupes de ligne ; mais il n'arrête pas sa marche.

- Lorsque l'Empereur traverse une rivière ou, qu'étant dans un port de mer il va se promener dans le port ou en rade, les troupes de la Garde Impériale ont exclusivement la garde du bateau qui porte sa Majesté.

- Dans les voyages, la Garde Impériale doit seule précéder et suivre immédiatement la voiture de sa Majesté.





Bien entendu, toutes ces distinctions, souvent méritées, provoquaient la jalousie et même la haine des autres soldats et officiers.














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De Oudinot
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Carnet militaire.
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MessageSujet: Re: LES GRENADIERS   Lun 12 Juil - 21:44

cool

_________________
Ah! si je les aimais! je pense bien que je les aimais! je les ai tous fait tuer!
Nicolas-Charles Oudinot, Marechal d'Empire, Duc de Reggio.
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DAVOUT
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Affecté Affecté : Réserviste

MessageSujet: Les Grenadiers   Mar 13 Juil - 0:52

bien joué de Murat , je me suis régalé !

Davout
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Alpha
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Carnet militaire.
Affecté Affecté : Réserviste

MessageSujet: Re: LES GRENADIERS   Mar 13 Juil - 1:30

salut,

encore un beau post. bravo
Alpha
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MessageSujet: Re: LES GRENADIERS   Sam 25 Sep - 11:27

Je n'avais pas vu ce post, effectivement surper post
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De Duroc
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Carnet militaire.
Affecté Affecté : Réserviste

MessageSujet: Re: LES GRENADIERS   Sam 25 Sep - 14:23

Très beau post Murat. Merci
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DAVOUT
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Carnet militaire.
Affecté Affecté : Réserviste

MessageSujet: felicitations   Sam 25 Sep - 18:29

Superbe , on en redemande, je viens de la relire!!!

merci Murat

davout bravo bravo bravo bravo bravo
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MessageSujet: LES GRENADIERS   Dim 26 Sep - 10:10

applaudissements Je me suis éclaté à lire ton post Maréchal!!!
tip top
viellard
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MessageSujet: Re: LES GRENADIERS   Aujourd'hui à 2:52

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